L'Insee a publié le 7 août un nouveau chiffre de chômage à 8,3% au deuxième trimestre, en hausse de 0,2 point, niveau le plus élevé depuis l'automne 2020 et proche des valeurs d'avant la pandémie. Au total, 2,7 millions de personnes sont sans emploi ou en recherche active. L'Institut souligne cependant que ce niveau reste nettement en dessous du pic de la mi-2015 (écart de -2,2 points) et signale que l'intégration de Mayotte dans les séries modifie à la marge les indicateurs du marché du travail.

Face à ces données, le Premier ministre Sébastien Lecornu a rejeté «la caricature» et appelé à ne pas céder au déni, tout en défendant l'action des gouvernements successifs et la loi plein-emploi entrée en vigueur en janvier 2025. Il a rappelé que cette réforme a fait «entrer dans les statistiques des personnes qui en étaient auparavant exclues» et a privilégié une politique d'accompagnement vers l'emploi plutôt qu'une comptabilité qui aurait occulté ces publics.

Pour étayer son propos, Lecornu a cité les chiffres de l'Insee indiquant que, depuis l'application de la loi, «les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage». Il a aussi rappelé la création de «plus de deux millions d'emplois depuis 2017» et affirmé que «jamais autant de Français n'ont travaillé».

L'Insee détaille par tranche d'âge une hausse généralisée: +0,3 point pour les seniors, +0,4 point pour les 15-24 ans et +0,2 point pour les 25-49 ans. Malgré la détérioration récente, l'institut estime que le marché du travail «résiste» dans un contexte économique difficile. Le gouvernement réaffirme ses objectifs: améliorer le fonctionnement du marché, réduire le chômage structurel et accompagner vers l'emploi ceux qui en ont besoin.