Les marchés de change en Asie ont évolué prudemment mercredi, avec une légère hausse généralisée des devises régionales face au billet vert. L'indice du dollar restait quasiment inchangé à 99,87 en début de séance asiatique, tandis que le yen japonais, malgré une intervention coordonnée récente du Japon et des États‑Unis, cotait encore autour de 159,41 pour un dollar, proche d’un sommet de deux semaines. Le yuan onshore (USD/CNY) et offshore (USD/CNH) sont restés stables, traduisant une aversion au risque avant la parution des données d’inflation américaines.

Les investisseurs se sont abstenus de prendre des positions marquées en amont de l’IPC attendu plus tard dans la journée : les économistes anticipent une hausse mensuelle de 0,1% pour juillet après une baisse de 0,4% en juin, et un ralentissement de l’inflation annuelle à 3,4% contre 3,5% auparavant. MUFG rappelle que l’inflation reste au cœur des préoccupations du FOMC, potentiellement plus déterminante que les récentes données d’emploi pour la trajectoire des taux.

Les contrats à terme sur les fonds fédéraux reflétaient une incertitude élevée quant à la réunion de septembre, avec une probabilité de 52% pour un statu quo et 48% pour une hausse de 25 points de base selon l’outil FedWatch du CME Group. Une lecture de l’IPC inférieure aux attentes pourrait affaiblir le dollar et alléger la pression sur les devises asiatiques ; l’inverse renforcerait le billet vert.

Sur le plan régional, le dollar a grimpé de 0,1% face au dollar de Singapour (USD/SGD) et le won sud‑coréen (USD/KRW) a cédé du terrain (-0,4% pour le won, soit +0,4% pour la paire), tandis que la roupie indienne est restée stable. Le dollar australien était à plat après la décision de la Reserve Bank of Australia de laisser son taux directeur à 4,35%.

La hausse des prix du pétrole — le Brent se rapprochant de 90 $/baril —, alimentée par de nouvelles attaques contre des navires et des déclarations iraniennes sur la fermeture possible du détroit d’Ormuz, a renforcé la prudence. Pour les économies asiatiques importatrices d’énergie, un pétrole plus cher et un dollar potentiellement plus fort représentent un double risque : renchérissement des importations et pressions supplémentaires sur l’inflation domestique.