Les marchés asiatiques affichent des mouvements hétérogènes lundi, le yen japonais attirant l’attention en flirte avec le seuil psychologique de 160 yens pour un dollar (USD/JPY ~159,83). Les investisseurs redoutent qu’un franchissement durable au-delà de 160 n’entraîne une intervention des autorités japonaises, d’autant que le sujet d’une opération conjointe Japon–États-Unis renaît après l’intervention coordonnée de fin juillet. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a estimé les mouvements « plutôt bien contenus » et prévoit de rencontrer le gouverneur de la BoJ, Kazuo Ueda, au G20.
La dynamique est alimentée par des anticipations de resserrement monétaire: les commentaires hawkish de Kevin Warsh ont porté la probabilité d’une hausse des taux Fed en septembre à environ 57 %, l’obligation du Trésor à deux ans grimpant à 4,33 %. En parallèle, les rendements japonais à 10 ans atteignent leur plus haut depuis 1996, ranimant le débat sur la normalisation de la politique de la BoJ et la potentielle rotation des assureurs-vie vers les obligations domestiques, facteur qui pourrait peser fortement sur l’USD/JPY.
Hors du Japon, les autres devises asiatiques ont peu bougé: USD/AUD à ~0,7163, USD/SGD en repli de 0,13 %, USD/KRW stable autour de 1.373,23 et USD/INR en hausse de 0,1 %. Le yuan reste stable (USD/CNY onshore ~6,7207; USD/CNH ~6,7217) malgré un PMI manufacturier chinois remontant à 49,8 en août (contre 49,2 en juillet, attentes 49,6), le non-manufacturier restant à 49,0.
La composante géopolitique renforce l’aversion au risque: le Brent a bondi de 2,8 % à 90,60 $ le baril après des frappes américaines sur des lanceurs iraniens et des ripostes iraniennes contre des forces US en Jordanie. Les marchés scruteront aussi les indicateurs américains à venir, en particulier le rapport sur l’emploi (NFP) attendu vendredi, et plusieurs réunions de banques centrales cette semaine (dont la RBNZ et la BoC). Les actions asiatiques, notamment celles des compagnies aériennes chinoises et Air China, reculent sous l’effet des tensions et des incertitudes macroéconomiques.

