Lors d'une conférence à Washington, le ministre des Finances Scott Bessent a présenté un nouveau train de sanctions secondaires ciblant non l'Iran directement mais ses partenaires commerciaux sur des secteurs précis : or, technologies, actifs numériques, aviation et transport maritime. Le dispositif vise à « couper toutes les ressources économiques » de Téhéran et comprend l'avertissement explicite que les pays qui soutiendront l'Iran pourraient être exclus du système dollar, sans que le calendrier d'application ni la liste des cibles potentielles n'aient été précisés.
La déclaration américaine s'inscrit dans un contexte diplomatique crispé : Donald Trump multiplie ses contacts internationaux selon la Maison-Blanche, tandis que Pékin juge d'ores et déjà que la pression et les sanctions ne régleront pas le conflit. La Chine est citée comme consommateur important de pétrole iranien, ce qui rend incertaine la portée réelle des sanctions si des partenaires majeurs continuent d'importer des biens énergétiques iraniens.
Téhéran répond par la fermeté et la résilience affichée. Les autorités iraniennes parlent d'un « plan sur deux ans » pour contrer les mesures et dénoncent un aveu d'échec des États-Unis ; elles rappellent aussi les engagements conclus mi-juin et accusent Washington de ne pas les respecter, entravant ainsi toute stabilité régionale. Sur le terrain diplomatique, l'Iran reçoit des médiateurs, notamment le chef d'état-major pakistanais, et discute avec Oman des modalités de passage du détroit d'Ormuz.
Les indicateurs économiques internes montrent toutefois une détérioration nette : forte inflation (66% en glissement annuel en juillet), forte dépréciation du rial et chute des exportations pétrolières — passées de deux millions de barils par jour avant le conflit à 0,4 million à la mi-août selon le suivi maritime. Le verrouillage du détroit d'Ormuz depuis plusieurs mois alimente une hausse des prix du pétrole et augmente la pression politique sur l'administration américaine à l'approche des élections de mi-mandat.
Les déclarations américaines et iraniennes reflètent un face-à-face où la coercition économique est mise en avant comme levier principal. Sans précision sur la portée internationale effective des sanctions secondaires, l'issue dépendra largement de la réaction des grands partenaires commerciaux de l'Iran et de la capacité de Téhéran à maintenir ses exportations malgré le blocus.
