La dynamique des fonds investis en actifs numériques ralentit après une collecte cumulée de 11,1 milliards de dollars depuis la mi-juillet. Selon CoinShares, cette demande provenait largement d’achats réalisés après une baisse des valorisations. Les inquiétudes sur la trajectoire budgétaire américaine prennent désormais davantage de poids.

Le mouvement le plus visible vient du marché obligataire. Le rendement du Treasury à dix ans dépasse 5,3 %, tandis que le trente ans atteint 5,7 %, son niveau le plus élevé depuis plus de vingt ans. Le Trésor américain a pourtant doublé en août le volume de ses rachats sur la partie longue, à au moins 4 milliards de dollars par opération. L’effet est resté limité, ce qui suggère que les investisseurs se concentrent sur les déséquilibres de fond plutôt que sur ce soutien technique.

La Réserve fédérale reçoit des signaux contradictoires. Les créations d’emplois de septembre ont déçu et la probabilité implicite d’une hausse de taux en octobre est tombée à 23 %, contre 71 % trois semaines auparavant. L’inflation reste néanmoins décisive, tandis que les indices PMI signalent encore une expansion de l’activité.

Pour le bitcoin et les produits qui y sont exposés, la lecture n’est pas univoque. Des taux élevés réduisent habituellement l’appétit pour les actifs volatils en rendant les placements sans risque plus rémunérateurs. Mais si leur hausse traduit une inquiétude sur la soutenabilité budgétaire plutôt qu’une économie plus forte, certains investisseurs peuvent aussi considérer le bitcoin comme une alternative aux monnaies publiques.

La prochaine confirmation viendra des flux. Si la collecte reprend malgré des rendements obligataires élevés, l’argument de diversification budgétaire gagnera en crédibilité. Dans le cas contraire, la sensibilité classique aux conditions financières restera dominante.