Galp Energia et Moeve, l’ancien Cepsa, renoncent à leur projet de rapprochement dans le raffinage et la distribution de carburant. Les discussions avaient débuté en janvier et visaient à créer un acteur européen de taille importante à partir de leurs actifs dans la péninsule Ibérique.

Le groupe portugais Galp a indiqué qu’aucun accord n’avait pu être trouvé après une période de négociations approfondies. Sa présidente, Paula Amorim, a précisé que la logique stratégique de l’opération restait pertinente, mais que les deux parties n’avaient pas atteint l’alignement commercial nécessaire à la construction d’un partenariat durable et créateur de valeur à long terme. Aucun désaccord précis sur la valorisation, la gouvernance ou les modalités financières n’a été détaillé dans le communiqué.

Le projet reposait sur deux structures distinctes. La première aurait regroupé la raffinerie détenue par Galp au Portugal et deux raffineries exploitées par Moeve en Espagne. Galp aurait contrôlé un peu plus de 20 % du capital de cette entité. La seconde structure aurait réuni les activités de distribution de carburant, avec un partage du capital à parts égales entre les deux groupes. Elle aurait disposé d’un réseau d’environ 3 500 stations-service.

Pour les investisseurs, l’abandon du projet supprime à court terme la possibilité de mutualiser ces actifs au sein de deux ensembles communs. Il met également fin à la perspective d’une exposition minoritaire de Galp à une plateforme regroupant trois raffineries ibériques. En revanche, le groupe conserve le contrôle direct de ses actifs existants et évite de s’engager dans une opération dont les conditions commerciales n’étaient pas jugées suffisamment équilibrées.

L’impact financier immédiat reste difficile à mesurer car les parties n’avaient pas communiqué de valorisation finale ni d’objectifs chiffrés de synergies. Il serait donc imprudent de conclure que l’arrêt des discussions crée automatiquement de la valeur ou, à l’inverse, détruit un potentiel clairement quantifiable. La réaction du marché dépendra surtout des attentes qui avaient déjà été intégrées dans le cours de Galp.

La question centrale devient celle de la stratégie alternative. Galp devra préciser s’il entend développer seul ses activités de raffinage et de distribution, rechercher un autre partenaire ou privilégier d’autres investissements. Moeve devra de son côté définir la trajectoire de ses deux raffineries espagnoles et de son réseau de stations. Les prochaines communications des groupes seront déterminantes pour savoir si ce projet est définitivement abandonné ou si certains actifs pourraient encore faire l’objet d’accords séparés.