La progression des Houthis au Yémen ajoute un nouveau foyer de tension à un conflit régional déjà centré sur l'Iran et le détroit d'Ormuz. Selon l'analyse publiée, le mouvement a renforcé ses positions autour du port de Mokha et de l'île de Perim, au milieu du détroit de Bab el-Mandeb. Cette implantation accroît sa capacité à menacer la navigation en mer Rouge.
L'enjeu est particulièrement important pour l'Arabie saoudite. Ses exportations de pétrole ont déjà été fortement réduites depuis le début de la guerre impliquant l'Iran. Riyad comptait sur son oléoduc traversant la péninsule vers la mer Rouge pour contourner les difficultés dans le détroit d'Ormuz. Ce conduit a transporté jusqu'à environ 4 millions de barils par jour pendant le conflit et sa capacité aurait été portée à 7 millions de barils par jour, mais une attaque récente l'a temporairement interrompu.
Même après sa remise en service, le passage par Bab el-Mandeb reste exposé. Les attaques contre des navires saoudiens peuvent décourager les compagnies maritimes et les assureurs, avec un risque de hausse des coûts de transport. Environ 9 % du trafic maritime mondial emprunte l'ensemble formé par le canal de Suez, la mer Rouge et Bab el-Mandeb, ce qui donne à une perturbation locale une portée internationale.
Pour les marchés, la transmission passe principalement par le pétrole, le fret et l'inflation. Une baisse supplémentaire des exportations saoudiennes pourrait soutenir les cours du brut et renforcer les pressions inflationnistes dans les économies importatrices d'énergie. L'évolution militaire au Yémen devient ainsi un facteur à surveiller au même titre que la situation dans le détroit d'Ormuz et les négociations entre Washington et Téhéran.
