Washington a présenté lundi un train de sanctions dites "secondaires" visant non pas directement l'Iran mais ses partenaires commerciaux, couvrant l'or, la technologie, les actifs numériques, l'aviation et le transport maritime, sans préciser leur date d'entrée en vigueur ni les pays potentiellement visés. Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré l'objectif d'"asphyxier économiquement" l'Iran, alors que le conflit entre en sixième mois et que les files d'attente s'allongent devant les stations‑service de Téhéran.
Les autorités iraniennes ont annoncé une réduction inédite des quotas d'essence et des prix majorés au-delà de ces quotas, déclenchant une ruée vers les pompes. Témoignages rapportés par l'AFP font état d'une population souffrante, y compris parmi ceux qui se disent "financièrement à l'aise", mais certains mettent en avant une résilience forgée par "47 ans" de sanctions. Des voix craignent que la pression économique ne ravive des manifestations comparables à celles déclenchées fin décembre, qui avaient culminé les 8 et 9 janvier et coûté des milliers de vies.
Les dirigeants iraniens et experts locaux nuancent l'impact: Saeed Laylaz relève l'autosuffisance acquise par des années d'isolement mais pointe des vulnérabilités internes comme la corruption, les déséquilibres bancaires et l'inflation. Le négociateur en chef et président du Parlement, Mohammad Bagher Ghalibaf, et le ministre de l'Économie, Ali Madanizadeh, ont assuré que Washington ferait face à une "nouvelle défaite" et évoqué un "plan sur deux ans" pour contrer les sanctions.
Sur le plan régional, le détroit d'Ormuz reste verrouillé par Téhéran depuis presque six mois, période au cours de laquelle 68 incidents ont été confirmés par l'Organisation maritime internationale dans le Golfe, le golfe d'Oman et la mer d'Arabie; l'UKMTO en a classé 47 comme des attaques. Tandis que Pékin prévient qu'elle défendra "fermement" ses intérêts, l'Iran et Oman discutent d'un accord‑cadre pour créer un "couloir temporaire" de navigation et lancer une opération de déminage. Les marchés ont réagi en faisant redescendre le Brent sous les 90 dollars le baril, malgré un pétrolier récemment touché par un "projectile inconnu" au large d'Oman.


