Les marchés asiatiques ont progressé mardi dans le sillage du record du Nasdaq, sans toutefois effacer les tensions observées sur les obligations et les devises. Le Nikkei japonais a gagné 0,7 % et l’indice MSCI Asie-Pacifique hors Japon 0,2 %. Les contrats à terme européens avançaient de 0,5 %, ceux du Nasdaq de 0,2 % et ceux du S&P 500 de 0,1 %.
La technologie reste le principal moteur de l’appétit pour le risque. Nvidia a progressé de 2,1 % à Wall Street, atteignant un record de clôture et une capitalisation de 5 760 milliards de dollars. Les anticipations de résultats entretiennent cet optimisme : le consensus cité par Goldman Sachs table sur une croissance de 27 % des bénéfices du S&P 500 au dernier trimestre, dont plus de la moitié proviendrait d’entreprises bénéficiant des dépenses d’infrastructure liées à l’intelligence artificielle.
Le signal obligataire est beaucoup moins favorable. La probabilité d’une hausse des taux de la Fed ce mois-ci est retombée à 23 %, contre 71 % une semaine auparavant, mais les rendements à long terme restent proches de sommets de 24 ans. Le dix ans américain évoluait autour de 5,3089 % après avoir touché 5,3493 %, tandis que le trente ans se maintenait à 5,6622 % après un pic à 5,7029 %. Les craintes d’inflation et de dette continuent donc de peser malgré l’apaisement des attentes de resserrement immédiat.
En Europe, l’euro s’échangeait autour de 1,1215 dollar après être tombé à 1,116 dollar, son plus bas niveau depuis mai 2025. Les inquiétudes concernant le budget français et la stabilité politique ont alimenté les ventes d’obligations françaises. L’écart de rendement à dix ans avec l’Allemagne s’est néanmoins replié à 137 points de base.
Le pétrole Brent s’est stabilisé autour de 100 dollars après une baisse de 1,9 %, et l’or évoluait près de 4 141 dollars l’once. Pour les investisseurs, le contraste est net : les actions technologiques progressent, mais les taux longs élevés réduisent la marge d’erreur sur les valorisations.

