La remontée des taux longs américains place les grandes banques face à un trimestre délicat à lire. Le rendement du Treasury à dix ans se situe autour de 5,34 %, un niveau qui renchérit le coût du capital et tend à comprimer les multiples boursiers. Cette tension a déjà laissé une trace nette : l’indice bancaire du S&P 500 a reculé d’environ 7,5 % en septembre, sa plus mauvaise performance mensuelle depuis mars, alors que le S&P 500 ne cédait qu’environ 0,5 %. L’indice bancaire a toutefois repris 0,5 % lundi.

Pour les investisseurs, l’enjeu ne se limite pas au niveau absolu des taux. Les publications doivent montrer si l’activité réelle résiste malgré le ralentissement financier. Selon l’analyse d’UBS, les trois points de réassurance sont la solidité du pipeline de marchés de capitaux, une croissance des prêts encore positive bien que moins vive qu’au premier semestre, et l’absence d’une accélération inattendue du coût des dépôts. Ces éléments pourraient compenser en partie l’effet défavorable des rendements élevés sur les valorisations.

Citigroup sera particulièrement suivie après avoir maintenu une prévision de rendement des fonds propres tangibles comprise entre 10 % et 11 %, contre environ 13 % au premier semestre. Avec un titre revenu sous 130 dollars, la confirmation de cette trajectoire de rentabilité pourrait soutenir le cours. Morgan Stanley arrive avec des attentes plus mesurées : les prévisions se situent sous le consensus et la hausse des taux pèse sur les métiers liés aux marchés de capitaux. Le titre, sous 190 dollars, pourrait néanmoins bénéficier de la vigueur des actions, de plusieurs introductions en Bourse de grande taille et de la stabilité de la gestion de fortune.

Le principal catalyseur sectoriel resterait un signal de plafonnement des taux longs. À défaut, le marché devrait départager les banques selon leur discipline sur les dépôts, leur capacité à faire croître les prêts et la qualité de leurs revenus de commissions.