La séance d'ouverture de septembre est marquée par un rééquilibrage du risque géopolitique et financier: des affrontements relancés entre les États-Unis et l'Iran, et l'attaque de deux pétroliers sortant du détroit d'Ormuz par des « projectiles d'origine inconnue », ont ravivé la prime de risque pétrole. Les analystes interrogés (Ipek Ozkardeskaya, Daniela Hathorn, Kathleen Brooks) soulignent que la hausse des prix de l'énergie alimente les anticipations d'inflation.
Les prix du brut ont réagi immédiatement: le baril de Brent cote 92,49 $ (+2,21%) et le WTI 88,05 $ (+2,67%) vers 15h45 GMT. Cette hausse contribue selon Kathleen Brooks à l'essor des rendements souverains: le 10 ans français a touché un plus haut depuis 2008 et s'affiche autour de 4,20% (contre 4,17% lundi), le Bund allemand monte à ~3,34% (3,32% la veille), le Gilt britannique atteint 5,21% (5,06%) et le 10 ans américain se situe à 4,76%.
L'inflation de la zone euro a progressé en août à son plus haut niveau depuis trois ans, renforçant les attentes d'un nouveau relèvement de la BCE la semaine prochaine. Alexandre Baradez note qu'« au moins deux grosses banques centrales sur trois » (Japon, BCE) devraient probablement relever leurs taux en septembre, la Fed restant l'incertitude majeure malgré une probabilité de hausse accrue après Jackson Hole.
La dégradation des marchés obligataires détériore le sentiment sur les actions: les indices européens ont reculé (Paris -0,39%, Francfort -1,10%, Milan -1,33%), et Wall Street évoluait en baisse (Dow -0,38%, Nasdaq -0,52%, S&P500 -0,33%). En Asie, l'introduction en Bourse de Shein à Hong Kong a été terne, l'action terminant presque à l'équilibre (-0,12%), illustrant un appétit prudent pour les IPO en période d'incertitude.


