La Commission d'enquête des Nations unies sur la Syrie a déclaré à Genève qu'« il est possible » que des crimes de guerre aient été commis lors des opérations militaires menées par Israël en Syrie. Fionnuala Ni Aolain a fait état d’une intensification des actions israéliennes depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, évoquant « des centaines de frappes » visant des infrastructures militaires et la multiplication d’incursions terrestres, patrouilles, raids et fouilles dans le sud syrien.
Les enquêteurs relèvent que l’armée israélienne a déployé des troupes dans la zone tampon surveillée par l’ONU sur le plateau du Golan, y installant un réseau de points de contrôle temporaires et des infrastructures militaires permanentes. Selon la Commission, ces mesures ont lourdement affecté la population civile: destruction de logements, entraves à la libre circulation, perte des moyens de subsistance et difficultés d’accès aux soins médicaux.
La Commission a aussi documenté des détentions et interrogatoires menés par les forces israéliennes. En juin 2026, elle a recensé 49 personnes détenues sur le territoire syrien — dont deux enfants — et probablement transférées au-delà de la frontière syrienne. Pour Mme Ni Aolain, de tels actes ‘‘pourraient constituer des crimes de guerre’’, notamment s’ils ne peuvent se justifier par une nécessité militaire impérieuse.
Outre les allégations liées aux opérations israéliennes, la Commission a souligné des défis structurels en matière de droits humains en Syrie: fragilité de l’espace civique, conséquences politiques et économiques du conflit, atteintes fondées sur le genre, instabilité à Soueïda et questions de détention dans le nord-est. Un rapport plus complet sur ces investigations doit être présenté au Conseil des droits de l’Homme lors de sa prochaine session au printemps, selon la rapporteure.


