L’essor des centres de données dédiés à l’intelligence artificielle commence à modifier un segment voisin de l’immobilier : les entrepôts. Selon JLL, les projets développés notamment autour de Dallas-Fort Worth et de Washington créent une demande supplémentaire pour des locaux destinés aux fournisseurs, aux entreprises de construction et aux prestataires d’infrastructures.

Les loyers industriels moyens demandés ont atteint 10,55 dollars par pied carré au troisième trimestre, soit une progression de 3,2 % sur un an. JLL indique qu’il s’agit du rythme annuel le plus rapide depuis le deuxième trimestre 2024. La hausse repose notamment sur des baux dits « triple net », dans lesquels le locataire supporte, en plus du loyer de base, les taxes foncières, l’assurance et l’entretien des parties communes.

Cette dynamique montre que la dépense liée à l’IA ne profite pas uniquement aux fabricants de puces et de serveurs. Alphabet, Microsoft, Meta et Amazon investissent massivement dans des installations nécessitant beaucoup d’électricité, de refroidissement, de travaux et de services techniques. Autour des campus hyperscale, toute une chaîne de fournisseurs cherche à se rapprocher des chantiers et des infrastructures opérationnelles.

Dallas-Fort Worth bénéficie particulièrement de ce regroupement grâce à son rôle de grand pôle de fret. JLL observe également une hausse de la demande provenant des secteurs de la construction, des télécommunications et des services publics. La composition des locataires et la géographie de l’immobilier industriel s’en trouvent progressivement transformées.

Pour les investisseurs immobiliers, l’effet est positif dans les zones où les projets sont réellement financés et raccordables au réseau électrique. Il faut toutefois distinguer cette demande structurelle des annonces encore incertaines. La disponibilité de l’énergie, les délais de permis et le risque de concentration autour de quelques grands clients détermineront si la hausse des loyers peut durer.