Le rendement de l’emprunt d’État américain à dix ans a dépassé le seuil de 5 % mardi 15 septembre. Il a atteint un sommet intrajournalier de 5,030 % et restait proche de ce niveau à 7 h 20. Ce point constitue le niveau le plus élevé observé depuis le début de 2007 pour cette maturité de référence.
La progression intervient avant une réunion de la Réserve fédérale. Les investisseurs anticipent une probabilité accrue de hausse des taux directeurs d’au moins 25 points de base, après plusieurs signaux montrant que l’inflation demeure supérieure à l’objectif annuel de 2 % de la banque centrale. Une politique monétaire plus restrictive augmente généralement le rendement exigé sur les obligations.
Les préoccupations budgétaires jouent également un rôle. La hausse du déficit et de l’endettement américain pousse certains investisseurs à demander une prime plus importante pour détenir des titres du Trésor à longue échéance. Le passage au-dessus de 5 % combine ainsi des attentes sur les taux courts, l’inflation future et le risque lié à l’offre croissante de dette.
Pour les marchés d’actions, ce niveau renforce la concurrence des obligations. Un rendement sans risque plus élevé réduit mécaniquement la valeur actuelle des bénéfices futurs et pèse surtout sur les entreprises dont la valorisation dépend d’une croissance lointaine. Les contrats à terme sur le S&P 500 reculaient de 0,3 % au moment de la publication. La suite dépendra du message de la Fed et de la réaction du marché obligataire: un maintien durable au-dessus de 5 % serait plus contraignant qu’un dépassement temporaire.
