Les taux d’intérêt de la dette américaine ont poursuivi leur envolée mercredi : le rendement de l’échéance à 10 ans a culminé à 4,85%, son niveau le plus haut depuis 2023, avant de redescendre légèrement mais en restant bien au‑dessus de la veille. Les tensions persistent malgré l’annonce du Trésor d’un rachat exceptionnel d’ici jeudi pouvant atteindre 6 milliards de dollars, soit le triple du montant habituel pour ce type d’opération.
Le ministère des Finances a aussi programmé d’autres rachats « d’au moins » 4 milliards de dollars à chaque fois jusqu’à début novembre. Pour plusieurs analystes cités, dont Stephen Innes, ces interventions ne constituent « guère plus qu’une goutte d’eau dans un océan » : le déficit 2026 est estimé par le Congressional Budget Office à environ 2 000 milliards de dollars, et l’endettement total de l’État fédéral dépasse 40 000 milliards de dollars, montants que le gouvernement doit refinancer sur les marchés.
Les investisseurs jugent que les bons du Trésor présentent désormais davantage de risques, en lien avec une dette monumentale et une inflation tenace. Patrick O’Hare relève que le marché voit les opérations du Trésor comme un « tour de passe‑passe » qui ne règle pas la cause structurelle du problème. La guerre au Moyen‑Orient et la flambée du Brent au‑dessus de 100 dollars accentuent les pressions inflationnistes et renforcent la demande de primes par les prêteurs.
L’impact dépasse les seules finances publiques : les taux de référence des Treasuries se répercutent sur le coût du crédit pour entreprises et particuliers. Le gouvernement fait face en outre à une concurrence accrue sur le marché obligataire, les géants technologiques empruntant massivement pour financer leurs centres de données et projets d’intelligence artificielle, ce qui pèse sur la demande et les conditions de financement publiques.


