Jeudi, les marchés obligataires américains ont inversé leur légère détente: le rendement du Trésor à 30 ans est remonté à 5,25% contre 5,19% la veille, et le 10 ans à 4,71% contre 4,65% mercredi matin. Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a relativisé ces fluctuations de court terme, affirmant disposer d'une «boîte à outils» et se montrant confiant qu'il s'agit principalement de «bruit de marché». Le Trésor avait pourtant annoncé la veille un renforcement de ses achats d'obligations longues pour ajouter de la liquidité et tenter d'abaisser les rendements, mais l'effet n'a duré qu'une séance.

Plusieurs analystes rappellent que ces opérations ne traitent pas les causes structurelles de la hausse des taux: l'ampleur de la dette publique, l'incertitude budgétaire et des risques inflationnistes persistants. La dette fédérale américaine a franchi la barre symbolique des 40 000 milliards de dollars, représentant environ 125% du PIB, un élément souvent cité pour expliquer la pression à la hausse sur les rendements à long terme.

Sur les marchés, la nervosité s'est traduite par des prises de risque limitées: à Wall Street, le Dow Jones a perdu 1,31%, le Nasdaq -1% et le S&P 500 -0,86%. En Europe, Paris a reculé de 0,57% et Francfort de 0,42%. Les prix de l'énergie alimentent aussi l'inflation: le Brent a grimpé de 2,36% à 93,78 $ le baril, le WTI de 2,33% à 87,83 $. Le TTF néerlandais du gaz a dépassé 65 €/MWh (+2,81%), tandis que les réserves gazières de l'UE étaient à 61,61%, leur plus bas niveau saisonnier jamais enregistré selon AGSI.

Côté entreprises, Walmart a été fortement sanctionné (-9,15% à 103,84 $) après des ventes US hors carburant en hausse de 2,6% au T2, décevant le consensus attendu à +3,5%, même si le groupe a relevé ses prévisions annuelles et évoqué des effets ponctuels liés au remboursement de droits de douane.