Les taux souverains en zone euro se sont légèrement détendus jeudi, après que les rendements eurent atteint mercredi de nouveaux plus hauts en 15 ans. Vers 11h40, le rendement du Bund allemand à dix ans reculait d’un point de base à 3,38%. Dans le même temps, l’OAT française et le taux italien à 10 ans ont chacun cédé 1 point de base, à respectivement 4,24% et 4,20%.

Aux États‑Unis, l’obligation à dix ans s’inscrivait à 4,78%, stable par rapport à la veille après avoir touché plus tôt un pic à 4,81% (plus haut depuis novembre 2023). Les marchés ont interprété la stabilisation des cours du pétrole et les commentaires de John Williams, président de la Fed de New York, comme des facteurs modérant les anticipations de nouvelles hausses de taux à court terme.

Williams a déclaré sur CNBC ne pas voir « de données probantes » justifiant un relèvement des taux ce mois‑ci et a attribué l’excédent d’inflation de base à la hausse des prix de l’énergie liée au conflit au Moyen‑Orient et aux tarifs douaniers. Deutsche Bank note que ces propos ont semé le doute sur la volonté de la Fed d’augmenter ses taux dans deux semaines, contribuant à l’accalmie des rendements.

Sur le front domestique, la France a émis 13,5 milliards d’euros d’OAT à long terme jeudi, à des taux en nette hausse, reflétant l’inquiétude des investisseurs sur la soutenabilité des dépenses publiques. Le spread OAT/Bund à dix ans dépasse 80 points de base depuis un mois et a atteint 88 pb mercredi. Alexandre Baradez (IG France) souligne que la hausse des taux est plus rapide en France qu’en Allemagne et que l’écart pourrait encore se creuser, potentiellement jusqu’à 100 pb selon lui.