Le coût du crédit immobilier américain est revenu au-dessus d’un seuil symbolique. Selon Freddie Mac, le taux moyen des prêts à 30 ans a atteint 7,03 % jeudi, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la mi-janvier 2025. Ces prêts sont les plus utilisés aux États-Unis et leur renchérissement réduit directement la capacité d’achat des ménages.

La remontée est rapide : les taux étaient repassés sous 6 % le 26 février 2026. Depuis, la hausse des prix de l’énergie et le rebond de l’inflation ont contribué à tendre de nouveau les conditions financières. La Réserve fédérale a d’ailleurs relevé ses taux directeurs la semaine précédente afin de tenter de contenir les pressions inflationnistes.

Le marché du neuf commence à refléter cette contrainte. Le mois dernier, 684 000 maisons neuves ont été vendues en rythme annualisé, soit 2 % de moins qu’un an auparavant. Dans le même temps, le prix moyen des biens vendus a reculé d’environ 9 % sur un an, à 478 700 dollars. Pour les promoteurs, la situation est délicate : ils doivent composer avec des coûts de construction élevés tout en proposant davantage de concessions commerciales pour préserver les ventes.

Matthew Martin, économiste chez Oxford Economics, estime que la hausse des taux accentue les problèmes d’accessibilité et pourrait pousser les constructeurs à maintenir des remises. Yelena Maleyev, de KPMG, souligne toutefois que le manque d’offre et le coût de la construction limitent le potentiel de baisse supplémentaire des prix. Pour les investisseurs exposés à l’immobilier américain, le point central devient donc l’arbitrage entre prix plus faibles et financement nettement plus cher.