Woolworths a publié une progression de son chiffre d’affaires au premier trimestre, soutenue par des consommateurs australiens qui privilégient les promotions et les produits essentiels. Sur les quatorze semaines closes le 4 octobre, les revenus consolidés ont augmenté de 4,7 %, à 19,35 milliards de dollars australiens, un niveau presque identique au consensus de 19,34 milliards établi par Visible Alpha.

La division alimentaire australienne a enregistré une croissance plus forte, de 6,9 %. Cette dynamique a notamment bénéficié de la campagne promotionnelle Ooshies menée avec Disney entre la mi-juillet et la fin août. Depuis le début d’octobre, la croissance des ventes reste toutefois globalement comparable à celle observée après cette opération. Des analystes de Jefferies estiment qu’elle se situe autour de 6 %, au-dessus du consensus de 4,6 %.

Le contexte de consommation demeure tendu. La hausse du coût de la vie et les relèvements de taux de la banque centrale australienne réduisent le budget disponible des ménages. Les consommateurs limitent les dépenses discrétionnaires, notamment les repas au restaurant, et privilégient les produits alimentaires de première nécessité, les marques de distributeur et les articles en promotion.

Woolworths a abaissé ses prix moyens hors tabac de 0,7 % sur le trimestre. Il s’agit de la onzième baisse trimestrielle consécutive, soutenue par l’élargissement du programme de prix réduits et des baisses sur des produits essentiels. Cette stratégie renforce la compétitivité du distributeur et peut soutenir les volumes, mais elle exerce aussi une pression potentielle sur les marges si les gains de productivité ne compensent pas les coûts.

Pour l’investisseur, les ventes montrent une bonne résistance malgré un environnement économique difficile. L’alimentaire bénéficie de son caractère défensif et du transfert de certaines dépenses depuis la restauration vers la consommation à domicile. En revanche, une croissance tirée par les promotions peut être moins rentable qu’une progression fondée sur la fréquentation ou une hausse naturelle des volumes.

La situation est moins favorable en Nouvelle-Zélande, où la croissance de l’alimentaire a ralenti après la fin de la campagne Ooshies. Le groupe évoque un environnement macroéconomique moins dynamique et une concurrence élevée. Cette divergence rappelle que les performances australiennes ne doivent pas être extrapolées à toutes les zones.

L’action a d’abord reculé de 1,4 % avant de terminer en légère hausse de 0,2 %. Les prochains trimestres devront montrer si Woolworths peut maintenir des prix compétitifs tout en protégeant sa rentabilité. La croissance des volumes, les économies de productivité et l’évolution des coûts d’approvisionnement seront les indicateurs clés.