Washington prépare des mesures pour couper « tous les liens économiques » avec Téhéran, selon une tribune de Scott Bessent publiée dans le Financial Times. Le terme « D‑Day économique » a été employé pour souligner l’ampleur de l’opération annoncée lundi ; Donald Trump a de son côté assuré sur Truth Social que l’Iran « s'effondrait complètement ». Ces déclarations interviennent alors que l’administration mise désormais sur la pression financière après n’avoir pas obtenu le dernier mot sur le plan militaire.

Les données économiques citées dans le reportage rendent compte d’une détérioration marquée : les exportations pétrolières de l’Iran ont chuté de deux millions de barils par jour avant la guerre à 0,4 million à la mi‑août, selon la société de suivi maritime Kpler. Parallèlement, le rial s’échangeait sur le marché noir à plus de 2 millions pour un dollar, une dépréciation qui pèse fortement sur le pouvoir d’achat et complique l’accès aux biens de première nécessité pour de nombreuses familles.

Le contexte intérieur reste tendu : ces difficultés économiques ont déjà alimenté plusieurs vagues de manifestations ces dernières années, dont un vaste mouvement fin décembre déclenché par la hausse du coût de la vie et réprimé violemment, avec des ONG étrangères évoquant des milliers de morts. Malgré la souffrance de la population, certains analystes estiment toutefois que des sanctions accrues pourraient ne pas faire fléchir la direction du régime, survivant à des décennies d’embargos depuis 1979.

Téhéran a qualifié la menace américaine de couper ses « dernières lignes de survie » d’aveu de défaite, rejetant l’objectif de Washington. Le bras de fer à venir mêlera restrictions sur les exportations, pression financière et enjeux géopolitiques régionaux, avec des conséquences humanitaires et politiques à suivre de près.