Le cours de l'or a fléchi jeudi, touché par la recomposition des anticipations monétaires et la flambée des prix de l'énergie. Vers 15h45, l'once reculait de 1,2% à 4.409 dollars selon MarketWatch, reflet d'une moindre appétence pour l'actif alors que le coût de détention augmente avec la perspective d'un relèvement des taux.
Les investisseurs évaluent désormais une probabilité proche de 60% d'une hausse des taux de la Réserve fédérale en septembre, une estimation citée par un gérant de DHF Capital. Cette attente de resserrement pèse sur l'or car il ne verse pas d'intérêts et devient donc moins attractif comparé aux actifs rémunérateurs en cas de taux plus élevés.
Les données récentes renforcent ces anticipations : l'indice des prix à la production (PPI) américain a progressé de 0,4% le mois dernier, après +0,1% en juillet, et affiche une hausse annuelle de 5,4%, signalant des tensions inflationnistes en amont de la chaîne des prix. Ce recul des pressions désigne potentiellement la Fed à maintenir voire accélérer sa politique restrictive.
S'ajoute la forte hausse du pétrole, qui intensifie les craintes d'inflation. À la même heure, le contrat novembre sur le Brent gagnait 3,7% à 104,77 dollars le baril, et le WTI d'octobre grimpait de 3,6% à 99,51 dollars. Ces mouvements énergétiques soutiennent l'idée d'une inflation durable, confortant les banques centrales dans une posture plus restrictive.
La Banque centrale européenne a d'ailleurs relevé son principal taux à 2,5% le même jour, soulignant que le conflit au Moyen-Orient maintient des tensions inflationnistes. Dans ce contexte, l'or reste sous pression, subordonné aux évolutions du taux réel attendu par les marchés et aux trajectoires du pétrole.
