Une deuxième avancée majeure sur le marché américain

Medincell vient de franchir une nouvelle étape commerciale. Les autorités sanitaires américaines ont autorisé Weltruza, une formulation injectable à action prolongée de l'olanzapine destinée au traitement de la schizophrénie. Le produit est développé grâce à la technologie de Medincell et commercialisé par son partenaire Teva. Cette autorisation s'ajoute à celle d'Uzedy, traitement reposant sur la rispéridone.

Pour une biotech, obtenir une autorisation de mise sur le marché constitue un changement de nature du risque. L'incertitude réglementaire sur le produit concerné diminue, mais le risque commercial reste entier. Il faut convaincre les prescripteurs, organiser la distribution, assurer le remboursement et démontrer les bénéfices du traitement en pratique clinique.

Pourquoi les traitements longue action intéressent les médecins

La schizophrénie est une maladie chronique pour laquelle la régularité de la prise en charge constitue un enjeu important. Les traitements injectables à action prolongée cherchent à réduire la fréquence d'administration par rapport à certains traitements oraux. Leur adoption dépend toutefois des résultats cliniques, du profil de sécurité, de l'acceptabilité par les patients et des recommandations médicales.

La technologie de Medincell consiste à concevoir des formes à libération prolongée. La valeur économique de l'entreprise dépend donc non seulement de la réussite d'un médicament, mais aussi de sa capacité à reproduire ce modèle avec différents principes actifs et partenaires industriels.

Une économie de royalties potentiellement attractive

Les analystes évoquent un potentiel de ventes annuelles à terme supérieur à un milliard de dollars pour Uzedy au niveau du laboratoire commercialisateur. Pour Weltruza, certaines projections évoquent un marché potentiel encore plus important. Ces montants ne représentent ni des ventes déjà réalisées ni des revenus intégralement encaissés par Medincell.

Il faut distinguer trois niveaux : les ventes finales de médicaments, les éventuels paiements contractuels liés à des étapes prédéfinies et les royalties réellement perçues par la biotech. La structure exacte des accords, les coûts restant à supporter et le rythme d'adoption détermineront la valeur générée pour les actionnaires.

Quel risque après l'autorisation ?

Une autorisation peut provoquer un fort mouvement de Bourse, car elle réduit une partie des incertitudes. Le danger serait cependant d'extrapoler trop vite les ventes maximales potentielles. L'adoption d'un médicament peut prendre plusieurs années et dépend du marché remboursable, du prix négocié et de la concurrence.

Pour juger Medincell, les investisseurs devront suivre les prescriptions d'Uzedy et de Weltruza, les revenus récurrents issus des contrats, la consommation de trésorerie et les autres projets du portefeuille. Un pipeline prometteur peut justifier de l'intérêt pour une biotech, mais sa valorisation reste sensible à des hypothèses difficiles à vérifier à court terme.

Les projections commerciales ne sont pas des ventes garanties. Les actions de biotechnologie peuvent connaître une forte volatilité.