Michael Saylor résume sa logique d'investisseur milliardaire en une règle simple : n'acheter que des actifs qu'une personne plus riche et plus avisée voudra racheter dans dix ans — le « test Bernard Arnault », du nom du patron de LVMH. Il utilise ce critère pour arbitrer la demande future plutôt que le prix d'aujourd'hui, illustrant son raisonnement par la thèse de Bitcoin comme « énergie monétaire stockée ».

Strategy (MSTR) a réalisé son premier achat le 10 août 2020, acquérant 21 454 BTC à 11 652 dollars l'unité. Depuis, la société a constitué une position de 840 447 BTC avec un prix moyen d'acquisition de 75 385 dollars par pièce. Le cours de Bitcoin se situait autour de 77 313 dollars lors du dernier pointage, en hausse de 20,8 % sur le mois, mais toujours environ 39 % en dessous du record de 126 080 dollars atteint en octobre 2025.

La position de Strategy est ainsi légèrement bénéficiaire : le portefeuille est environ 2,5 % au-dessus du point mort, générant près de 1,6 milliard de dollars de plus-value potentielle. Toutefois, l'entreprise n'a pas conservé l'intégralité de ses avoirs : le 10 août, jour anniversaire de son premier achat, elle a vendu 1 690 BTC à 64 262 dollars pour soutenir ses actions préférentielles STRC, lesquelles se négociaient sous leur valeur nominale de 100 dollars. Ces ventes ont eu lieu quelques jours avant le début du récent rallye.

Les controverses persistent : Peter Schiff, partisan de l'or, a recommandé de vendre Bitcoin et l'action Strategy ce mois-ci tandis que l'or dépassait 4 400 dollars l'once. Saylor avance aussi une projection extrême — 12 millions de dollars par Bitcoin — et invite à évaluer la valeur sur l'horizon 2036 en se demandant qui seront les acheteurs futurs et s'ils disposeront des moyens requis pour racheter ces positions.