Michelin affiche un chiffre d’affaires de 19,18 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de 2026, contre 19,28 milliards un an auparavant. La baisse publiée est proche de 0,5 %, mais les ventes progressent de 1 % à parités de change constantes. L’écart s’explique notamment par la dépréciation du dollar américain face à l’euro.
L’activité reste contrastée selon les marchés. Les volumes de pneumatiques reculent de 0,8 %, principalement sous l’effet de la première monte, plus dépendante de la production automobile. Le remplacement résiste mieux : les volumes de la marque Michelin y progressent de 4 % à fin septembre. Sur le plan géographique, la demande augmente de 7 % dans le reste du monde, dont le Moyen-Orient, tandis que le marché d’Amérique du Nord et centrale diminue légèrement de 1 %, notamment en raison de la pression sur le pouvoir d’achat.
Le groupe conserve également un levier tarifaire. L’effet prix-mix ressort positif de 1,1 %, grâce aux hausses mises en place pour absorber l’augmentation du coût des matières premières. Cette capacité de répercussion est essentielle : elle permet de défendre les revenus malgré des volumes plus faibles, mais son efficacité devra être mesurée au niveau de la marge lorsque les résultats complets seront publiés.
Michelin confirme ses objectifs 2026. Pour l’investisseur, le trimestre ne signale donc pas une rupture, mais il souligne trois sensibilités. La première concerne la production automobile mondiale et les volumes de première monte. La deuxième porte sur les devises, puisque la force de l’euro réduit la conversion des ventes étrangères. La troisième tient au pouvoir de fixation des prix face aux matières premières et à une demande nord-américaine moins dynamique.
La progression du remplacement constitue le principal amortisseur. Ce marché est généralement moins cyclique que la première monte, car le changement des pneus peut être différé mais difficilement évité sur une longue période.


