La mobilisation des électriciens et gaziers contre une possible évolution de leur tarif préférentiel a été particulièrement suivie mardi. À la mi-journée, 59 % des salariés d’EDF SA, hors filiales, étaient en grève selon la direction. La CFE-CGC a qualifié ce niveau d’historique et l’a comparé au précédent mouvement de 2011 sur le même sujet.
La ministre déléguée à l’Énergie, Maud Bregeon, a affirmé que le gouvernement ne souhaitait pas supprimer le tarif agent. Le débat porte sur la fiscalisation et la valorisation de cet avantage en nature. Le ministère avait été mis en demeure par la Cour des comptes de rapprocher la valeur déclarée de l’écart réel entre le tarif préférentiel et le prix de l’énergie.
Une intersyndicale réunissant la CGT, la CFDT, la CFE-CGC et FO devait être reçue après un rassemblement devant Bercy. Des baisses de puissance disponible ont été signalées dans plusieurs centrales nucléaires, notamment au Tricastin, à Flamanville, Nogent-sur-Seine, Penly, Cattenom, Paluel et Saint-Alban. À Gravelines, environ 80 % des salariés étaient en grève selon les syndicats, sans effet immédiat sur la production.
À Marseille, une manifestation d’une centaine de personnes s’est accompagnée d’une coupure de courant dans le centre-ville, selon les pompiers. Des salariés étaient aussi mobilisés sur le barrage hydraulique de Lyon-Villeurbanne. Les syndicats ont averti que le mouvement pourrait se durcir, avec de possibles arrêts de tranche.
Le dispositif concerne environ 140 000 salariés et près de 160 000 retraités des entreprises issues d’EDF et de GDF, soit près de 300 000 personnes. La Cour des comptes a évalué son coût à plus de 700 millions d’euros pour EDF en 2024. Les syndicats contestent toutefois certaines hypothèses de valorisation et redoutent une perte de pouvoir d’achat ainsi qu’un affaiblissement de l’attractivité des métiers de l’énergie.


