La reprise des hostilités entre l’Iran et les États‑Unis depuis le 30 août, marquée par des frappes réciproques et des attaques contre des pétroliers, a fait repartir les cours du pétrole à la hausse. Le Brent a franchi le seuil symbolique des 100 dollars, dépassant 106 dollars jeudi après‑midi, tandis que le WTI a également franchi la barre des 100 dollars. Les tensions maritimes s’ajoutent à une réalité logistique: selon le secrétaire américain à l’Énergie Chris Wright, près de 11 millions de barils par jour circuleraient habituellement via le détroit d’Ormuz, un chiffre contesté par Rystad Energy qui estime le flux récent autour de 1,5 à 2 mb/j après paralysie des passages.

La situation en mer Rouge a empiré avec la prise de la ville de Mokha par les Houthis du Yémen, soutenus par l’Iran, accentuant la menace sur le détroit stratégique de Bab el‑Mandeb. Ces combattants perturbent déjà la navigation et ont ciblé des infrastructures pétrolières saoudiennes, contribuant à une légère baisse de la production saoudienne en août selon le rapport mensuel de l’Opep.

Les répercussions se font sentir à la pompe et sur les marchés des produits raffinés: aux États‑Unis, le gallon de diesel atteint environ 5,98 dollars en moyenne, un record selon l’AAA, et l’EIA anticipe des stocks de diesel durablement bas avec des prix élevés dans les mois à venir. Cette flambée des prix de l’énergie est politiquement sensible avant les élections américaines de mi‑terme et alimente les craintes d’une transmission inflationniste plus large, déjà prise en compte par certaines banques centrales.

Les analystes et responsables soulignent l’incertitude sur la durée du conflit: certaines voix politiques évoquent une possible désescalade rapide après le scrutin, tandis que des conseillers présidentiels mettent en garde contre un conflit pouvant durer plusieurs années.