MUNIC a traversé un premier semestre 2026 marqué par une contraction brutale de son activité. Le chiffre d'affaires s'est établi à 3,071 millions d'euros, contre 7,026 millions au premier semestre 2025. La société explique cette baisse par la réduction des commandes de plusieurs grands clients exposés au marché grand public. Les ventes de dongles intelligents ont ainsi reculé de 69 %.
Le mix d'activité s'est toutefois déplacé vers les services, qui sont restés stables et représentent désormais 42 % des revenus, contre 25 % sur l'ensemble de 2025. Ces recettes proviennent notamment des abonnements aux plateformes Munic.io et EKKOFLEET. La géographie des ventes a également changé : l'Europe pèse 69 % du chiffre d'affaires, les Amériques 27 % et le reste du monde 4 %, alors que les Amériques représentaient 65 % un an plus tôt.
Ce basculement a amélioré la rentabilité unitaire. La marge brute atteint 1,630 million d'euros, contre 2,348 millions, mais son taux progresse de 33,4 % à 53,1 %. MUNIC attribue cette hausse à la part accrue des services et à l'optimisation de la production. L'EBITDA ajusté ressort à 559 000 euros, contre 965 000 euros, avec une marge de 18,2 %, supérieure aux 13,7 % de l'année précédente. Les charges externes ont diminué de 7 % et les frais de personnel sont restés proches de 2,1 millions d'euros.
La lecture se dégrade après amortissements et éléments non courants. La perte opérationnelle ajustée atteint 699 000 euros, la perte opérationnelle 1,301 million et la perte nette 997 000 euros, contre respectivement 220 000, 421 000 et 341 000 euros un an plus tôt. À fin juin, les capitaux propres s'élevaient à 10,2 millions d'euros, la dette financière à 3,3 millions et la trésorerie à 0,3 million, soit une dette nette de 3,0 millions et un gearing de 29,5 %.
La société indique disposer d'une visibilité de trésorerie jusqu'en juillet 2027 après un nouveau financement Bpifrance de 1 million d'euros. Elle attend aussi au second semestre une quatrième tranche de subvention de 0,6 million. Pour l'investisseur, le point central reste la capacité de la croissance des services à compenser durablement l'érosion du matériel, sans nouvelle tension sur le bilan.


