Sur la période du 3 au 11 août, les Bourses européennes ont battu des records historiques même si vagues de chaleur et assèchements frappent le continent. Les banques et analystes interrogés expliquent cette résilience par une saison de résultats trimestriels jugée « très forte », et par la focalisation des marchés sur la situation géopolitique au Moyen-Orient et l’inflation. L’indice Stoxx 600 voit ses prévisions de bénéfices continuer à grimper malgré la dégradation climatique constatée.
Les conséquences économiques immédiates existent toutefois: la ministre française de la Transition écologique évalue le coût des canicules répétées à « 10 à 15 milliards d’euros », alors que la croissance française est restée positive (+0,2% au T2). En Allemagne, l’assèchement du Rhin perturbe des industries lourdes cotées ; Thyssenkrupp a confirmé des difficultés d’approvisionnement sur son site de Duisbourg mais son titre a néanmoins gagné 9,07% après des résultats favorables.
Plusieurs gestionnaires et analystes parlent de « myopie » ou de « déni » des investisseurs: ils intègrent principalement des risques à court horizon (2–3 ans), alors que les impacts climatiques jouent sur des horizons de 5 à 15 ans. Les secteurs identifiés comme les plus vulnérables à moyen et long terme sont l’agriculture et l’alimentation (rendements, coûts), l’assurance (sinistres, réassurance), ainsi que l’énergie, l’industrie, la chimie, les transports, le tourisme et l’immobilier.
Les acteurs financiers évoquent une hausse de l’utilisation des fonds durables et une demande pour des thèmes liés à l’électrification et à la décarbonation. Toutefois, aucun signal clair n’indique encore une rotation structurelle des flux qui favoriserait massivement les entreprises les plus avancées sur l’ESG.


