Les États-Unis ont annoncé le déclenchement de frappes « de grande ampleur » contre des cibles des Gardiens de la Révolution, précisant agir en riposte à des attaques contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des forces américaines dans la région. L'opération a débuté à 12h00 locales (16h00 GMT) selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient. Le président Donald Trump a prévenu qu’une nouvelle riposte iranienne entraînerait des frappes « bien plus dures », laissant aussi planer la menace d’une opération encore plus massive en coulisses. Le communiqué du Commandement et les messages de Trump ont été suivis d’une réplique ferme des Gardiens, qui ont assuré que l’Iran ferait « regretter » ces attaques.

La télévision d’État iranienne a rapporté des explosions dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l’île de Qeshm, à proximité du détroit d’Ormuz, et mentionné quatre projectiles ayant touché des villes à l’est du détroit; aucun dégât majeur n’a été signalé pour l’instant dans la province. Ces frappes américaines interviennent après que deux pétroliers ont été touchés par des projectiles d’origine inconnue en sortant du détroit, selon l’agence maritime Marisks. Les États-Unis avaient déjà mené dimanche précédent des frappes contre des cibles sur une île iranienne, et l’Iran avait riposté par missiles et drones visant des positions américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Sur le plan économique, l’annonce des frappes a fait accélérer la hausse des cours du pétrole, a creusé la nervosité sur le marché de la dette américaine (avec une poursuite de la montée des taux) et a pesé sur Wall Street. Politiquement, le processus diplomatique est au point mort après l’échec en juin d’un protocole d’accord dit d’Islamabad. Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé les États-Unis à reprendre les discussions et promis un retour immédiat de l’Iran à ses engagements si Washington respectait ce protocole.

Parallèlement, l’AIEA a émis un avertissement: l’absence d’accès aux sites nucléaires iraniens pour vérification du matériel doit être réglée en urgence. Enfin, les autorités iraniennes ont demandé une réduction de la consommation d’essence en raison de difficultés d’importation liées au blocus naval imposé par les États-Unis.