Le crédit européen de bonne qualité retrouve des rendements rarement observés depuis plus de quinze ans. Cette remontée intervient dans un contexte d’inflation persistante et de hausse des taux souverains, qui se transmet aux obligations d’entreprises notées Investment Grade.

Entre le 30 juin et le 7 octobre, Lazard Frères Gestion indique que les taux souverains allemands ont augmenté d’environ 60 points de base. Sur la même période, les spreads de crédit en euros ne se sont écartés que d’environ 20 points de base. La majeure partie de la hausse des rendements provient donc du taux sans risque, et non d’une forte dégradation perçue de la solvabilité des entreprises.

Le gestionnaire estime que les fondamentaux des émetteurs restent solides. Certains groupes Investment Grade peuvent même se financer à des taux inférieurs à ceux de leur État, notamment en France, où la qualité de leur crédit n’est pas remise en cause. Cette situation illustre la différence entre risque souverain et risque d’entreprise, mais ne supprime pas le besoin d’analyser chaque bilan.

Les niveaux actuels renforcent l’intérêt d’une stratégie de portage jusqu’à l’échéance. En conservant une obligation, l’investisseur peut transformer son rendement actuariel en performance annuelle moyenne, sous réserve de l’absence de défaut et en acceptant les fluctuations de prix intermédiaires. Lazard juge les rendements susceptibles de compenser les risques d’inflation et de défaut au cours des prochaines années.

L’opportunité n’est toutefois pas sans risque. Une nouvelle hausse des taux ferait baisser la valeur de marché des obligations déjà détenues, surtout sur les maturités longues. À l’inverse, une détente monétaire pourrait générer des plus-values. La sélection des émetteurs, la duration et la diversification restent donc essentielles.