Les investisseurs font face à une hausse généralisée des taux: l’emprunt d’État français à 10 ans a franchi 4,20 %, un niveau inédit depuis 2008. Après un pic à 3,6 % en juin et des taux négatifs en 2019, le mouvement est clairement mondial avec l’OAT à 10 ans, le Bund allemand à 3,37 % et le Treasury américain à 4,80 %. Les professionnels interrogés renforcent leurs positions en obligations, reflétant une redéfinition du couple risque/rendement.

Les causes identifiées dans le texte sont multiples et convergentes: la hausse du prix du pétrole a relancé l’inflation, pesant sur la capacité des États à contenir la dette publique, tandis que les importantes émissions obligataires des grandes entreprises technologiques augmentent l’offre sur le marché. Alexandre Baradez, stratégiste chez le courtier cité, note que le marché s’attend à un relèvement supplémentaire des taux de la BCE après sa réunion du 10 septembre, prolongeant la trajectoire haussière.

Le contexte macroéconomique pèse aussi sur les choix budgétaires et de financement des gouvernements: après un été marqué par trois vagues de chaleur et des incendies, l’État français cherche des marges pour accélérer des travaux liés au réchauffement climatique. Les banques, en tant que principaux prêteurs de l’État, sont mises en garde par Daniel Baal, qui souligne leur exposition en cas de défaut de la France.

Sur le plan international, la politique commerciale américaine a connu plus de 50 changements depuis janvier 2025, et les tarifs appliqués n’ont pas produit les effets annoncés sur les déficits ou la relocalisation. Ce mélange d’incertitudes macro, budgétaires et géopolitiques alimente la volatilité et invite à réviser les allocations sectorielles en Bourse, en faveur d’actifs sensibles aux taux et d’obligations offrant des rendements désormais plus attractifs.