Bruno Le Maire estime que la trajectoire économique et budgétaire française s’est nettement dégradée. L’ancien ministre de l’Économie souligne la faiblesse de la croissance, l’absence selon lui d’une trajectoire claire de réduction du déficit et le recours à de nouvelles hausses d’impôts. Il compare la situation actuelle à celle de 2023, année dont la croissance a été révisée à 1,9 % par l’Insee.

Pour redresser les comptes publics, il propose de désindexer d’un point l’ensemble des pensions de retraite, à l’exception du minimum vieillesse. Il souhaite appliquer un principe similaire aux aides sociales, tout en préservant le RSA, et geler le point d’indice des fonctionnaires. Selon son estimation, ces mesures permettraient de dégager 15 milliards d’euros d’économies.

L’objectif affiché est de ramener le déficit public à 3 % du produit intérieur brut en 2029. Bruno Le Maire évoque également le maintien d’une surtaxe sur les sociétés afin de porter l’effort global à 30 milliards d’euros. Il défend une répartition de l’ajustement entre retraités, bénéficiaires de prestations, agents publics, entreprises et ménages les plus aisés.

Ces propositions auraient des effets directs sur le pouvoir d’achat et la consommation. Une indexation plus faible des pensions et prestations réduirait leur progression réelle si l’inflation restait élevée. Le gel du point d’indice pèserait également sur le revenu réel des agents publics. À l’inverse, l’amélioration des finances publiques pourrait limiter la hausse de la charge d’intérêt si elle était jugée crédible par les investisseurs.

Le débat portera donc autant sur l’efficacité budgétaire que sur l’impact économique à court terme. Dans une conjoncture déjà fragile, un ajustement trop rapide pourrait freiner davantage la demande, tandis qu’un effort insuffisant laisserait persister la pression sur la dette et les taux français.