Les agents d'IA élargissent les besoins de protection

Chaque nouveau logiciel connecté, appareil professionnel ou agent d'intelligence artificielle peut devenir un point d'entrée pour une cyberattaque. Les entreprises doivent désormais sécuriser non seulement leurs postes de travail et leurs réseaux, mais aussi les flux de données et les actions automatisées par des systèmes capables d'agir de façon autonome.

Cette évolution soutient les dépenses de cybersécurité. Les entreprises cherchent parallèlement à rationaliser le nombre de fournisseurs, car l'empilement d'outils peut créer des failles opérationnelles et une complexité coûteuse. Deux groupes incarnent cette concurrence : Palo Alto Networks et CrowdStrike.

Deux modèles économiques qui convergent

Palo Alto Networks s'est historiquement imposé dans la sécurité réseau. Il développe désormais un ensemble de solutions couvrant le cloud, la détection des menaces et les opérations de sécurité. Cette stratégie vise à proposer une plateforme intégrée plutôt qu'une succession de produits indépendants.

CrowdStrike s'appuie sur sa technologie Falcon, déployée sur les terminaux de ses clients, pour ajouter de nouvelles fonctionnalités : protection des identités, environnement cloud et analyse des menaces. Dans les deux cas, la croissance provient autant de nouveaux clients que de l'élargissement du nombre de modules utilisés par chacun d'eux.

Une croissance spectaculaire ne rend pas le prix secondaire

Lors de leurs dernières publications considérées début octobre, les deux groupes avaient enregistré une hausse de leurs revenus d'environ 31 % pour Palo Alto et 26 % pour CrowdStrike. Ces niveaux illustrent l'importance du marché, mais les investisseurs ont déjà intégré de fortes attentes dans les cours.

Les estimations de bénéfices font ressortir des valorisations particulièrement exigeantes pour CrowdStrike, et toujours élevées pour Palo Alto. Il faut donc éviter une confusion fréquente : une entreprise peut gagner des parts de marché, conserver d'excellentes marges et néanmoins offrir une mauvaise performance boursière si son prix d'achat supposait une croissance encore plus élevée.

Le risque des prochaines années

La concurrence pourrait s'intensifier. Les grands groupes du cloud et du logiciel, dont Microsoft, investissent eux aussi dans la sécurité. Le développement de l'IA pourrait accélérer l'innovation, mais réduire la différenciation de certaines fonctions standardisées. À l'inverse, les plateformes les mieux intégrées pourraient bénéficier d'un avantage renforcé.

L'investisseur doit examiner la croissance des revenus récurrents, la fidélisation, les ventes croisées, la marge de trésorerie et les dépenses liées aux rémunérations en actions. La cybersécurité est une tendance structurelle de long terme. Le véritable arbitrage concerne le prix que l'on accepte de payer aujourd'hui pour cette croissance future.

Le secteur technologique est volatil et les valorisations élevées accroissent le risque de correction.