Sur le papier, le Plan d’épargne avenir climat avait plusieurs arguments pour séduire.
Le PEAC a été conçu comme une enveloppe d’épargne de long terme destinée aux moins de 21 ans et orientée vers le financement de la transition écologique.
Pourtant, son démarrage reste limité.
En dix-huit mois, environ 20 000 PEAC ont été souscrits au sein du groupe BPCE, avec un montant moyen d’environ 1 000 euros à l’ouverture. À titre de comparaison, la France compte environ 16 millions de personnes âgées de moins de 21 ans.
Les jeunes s’intéressent à l’investissement responsable
Le paradoxe est intéressant.
Les jeunes générations déclarent accorder davantage d’importance aux enjeux environnementaux lorsqu’elles réfléchissent à leur épargne.
Pourtant, seulement 19 % des 18-24 ans et 17 % des 25-34 ans déclarent avoir déjà investi dans un fonds responsable. Pour l’ensemble de la population, cette proportion atteint 14 %.
Une autre étude illustre encore davantage ce décalage : environ 80 % des lycéens et étudiants interrogés montrent un intérêt pour les sujets environnementaux et sociaux, mais seulement 20 % à 25 % se déclarent prêts à investir dans des placements ayant cette vocation, même dans l’hypothèse où ils disposeraient des moyens financiers nécessaires.
Le véritable problème pourrait être ailleurs
Ces chiffres suggèrent que la finance durable n’est peut-être pas le principal obstacle.
Pour une partie des jeunes, le premier enjeu reste tout simplement de commencer à investir.
Le manque de capacité d’épargne, la complexité perçue des produits financiers et la concurrence d’autres placements peuvent constituer des obstacles plus importants que la thématique environnementale elle-même.
Le PEAC souffre également d’une offre encore limitée. Le produit reste beaucoup moins présent dans les réseaux bancaires que des enveloppes installées depuis longtemps comme l’assurance-vie.
Un marché pourtant stratégique pour les banques
Pour les établissements financiers, l’enjeu dépasse largement les encours collectés aujourd’hui.
Un client qui commence à épargner très jeune peut conserver une relation avec son établissement pendant plusieurs décennies.
Le développement de solutions simples permettant d’investir progressivement pourrait donc devenir un axe stratégique important pour les banques, assureurs et plateformes d’investissement.
Le démarrage poussif du PEAC montre toutefois une chose : créer une nouvelle enveloppe fiscale ne suffit pas nécessairement à créer un nouvel usage d’épargne.
