La loi permet de débloquer un PER pour financer l'acquisition de la résidence principale, mais cet apport n'est pas net d'impôt. Au moment du retrait, le gestionnaire distingue les versements (capital) et les gains générés. Seules les sommes issues des versements volontaires et de l'épargne salariale peuvent être mobilisées ; les cotisations obligatoires restent indisponibles. L'investissement locatif et la résidence secondaire sont exclues du dispositif.

La fiscalité dépend de l'origine des versements et du choix fait lors de leur versement (déduction ou non). Les versements qui avaient été déduits à l'entrée sont réintégrés aux autres revenus l'année du retrait et soumis au barème progressif ; les gains sont, eux, taxés au PFU à 31,4 %. Exemple chiffré fourni : pour 30 000 € de versements ayant donné lieu à une économie d'impôt de 30 % (9 000 €), un contrat valu 35 000 € avec 5 000 € de gains débloqué intégralement entraînerait 9 000 € d'impôt sur le capital réintégré et 1 570 € au titre du PFU sur les gains, soit 10 570 € de fiscalité et 24 430 € restants.

Ce calcul illustre le risque : le retrait peut faire basculer une partie du revenu imposable du foyer dans une tranche supérieure (41 % ou 45 %), annulant l'avantage obtenu à l'entrée, voire le dépassant. À l'inverse, si les versements n'ont pas été déduits, le capital est exonéré à la sortie et seuls les gains subissent le PFU. Dans des situations « accidents de la vie » (invalidité, surendettement, fin des droits au chômage), le capital est exonéré d'impôt sur le revenu et seuls les gains supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %.

L'avocat fiscaliste Baptiste Vaslin met en garde : ce n'est généralement pas une bonne opération fiscalement et le déblocage doit rester un ultime recours. Il conseille de ne retirer que le montant strictement nécessaire afin de préserver le reste de l'épargne retraite.