Les tensions entre Washington et Téhéran ont relancé une flambée des prix de l’énergie mardi. Les États-Unis ont mené de nouvelles frappes en Iran, qualifiées par Donald Trump de « de grande ampleur et puissante », et l’agence iranienne Tasnim a annoncé le lancement d’une « opération décisive » en riposte. Sur le marché, le baril de WTI pour octobre a bondi de 5,20 % à 90,22 dollars, tandis que le Brent pour novembre a gagné 4,60 % à 94,65 dollars.
Les risques pour le trafic dans le détroit d’Ormuz pèsent particulièrement sur les prix. Plusieurs navires circulent désormais avec leurs transpondeurs éteints pour éviter d’être repérés, compliquant le suivi des flux, et deux pétroliers ont été touchés par « des projectiles d’origine inconnue » en quittant Ormuz, selon l’agence maritime Marisks. Carsten Fritsch (Commerzbank) souligne que les espoirs d’une réouverture rapide du détroit ont subi un coup dur et que la poursuite du trafic non officiel reste incertaine.
Le marché gazier européen subit également une forte tension. Le contrat TTF néerlandais a pris 6,20 % à 74,14 €/MWh, niveau le plus élevé depuis janvier 2023, alors que les réserves européennes sont faibles pour la saison et nécessitent des approvisionnements significatifs avant l’hiver. En concurrence avec l’Asie pour le GNL et face à la perspective d’un retrait progressif du GNL russe à partir du 1er janvier 2027, l’Europe se retrouve sous pression d’achat, note Arne Lohmann Rasmussen (Global Risk Management).
Les spécialistes relèvent que chaque nouvelle information liée au détroit d’Ormuz — sanctions, blocages de négociations, signaux contradictoires de l’Iran — entraîne des variations journalières des prix plutôt que de stabiliser un niveau. Edward Rosenberg (Strategy Shares) insiste sur cette sensibilité accrue : les cours réagissent désormais « à pratiquement chaque actualité » en provenance du détroit.


