Mercredi 9 septembre, le baril de Brent, référence de la mer du Nord, a repassé la barre des 100 dollars à Londres (86,15 euros), un niveau inatteint depuis le 24 juillet. À New York, le West Texas Intermediate (WTI) a atteint 96,05 dollars, traduisant une nette progression sur la semaine précédente. Les analystes attribuent ce rebond à l’aggravation des tensions entre Washington et Téhéran, perçue comme un risque direct sur l’approvisionnement mondial en pétrole.

L’escalade militaire a été marquée par des actions spectaculaires : l’armée américaine a annoncé la destruction de cinq pétroliers iraniens en réponse à des frappes de missiles balistiques contre un navire de guerre américain dans le détroit d’Ormuz. Parallèlement, les rebelles houthistes, soutenus par l’Iran, ont mené des attaques par missiles et drones, multipliant les menaces sur les voies maritimes et les installations pétrolières régionales.

La réaction des marchés financiers a été immédiate. Les indices actions ont reculé sous l’effet des anticipations de hausse inflationniste liées à des prix de l’énergie plus élevés : l’indice S&P 500 perdait 0,4 % en milieu d’après‑midi à New York, tandis que le Stoxx Europe 600 clôturait en baisse de 1,4 %. Ces mouvements reflètent la sensibilité des places financières aux chocs d’offre dans un contexte où l’énergie reste un canal clé de transmission vers l’inflation.

Au plan politique et réglementaire, la montée des prix relance des débats en Europe, notamment des appels — cités pour l’Allemagne et cinq autres pays — à réinstaurer une taxation des « superprofits » du secteur pétrolier. Ces propositions montrent comment les tensions géopolitiques peuvent rapidement influencer non seulement les marchés physiques mais aussi les réponses fiscales et politiques.