Les marchés pétroliers ont réagi à la nouvelle série de sanctions américaines contre l’Iran sans surprise excessive : les contrats ont terminé la séance du 24 août en baisse, le Brent pour livraison d’octobre perdant 2,35% à 92,17 dollars et le WTI pour le même mois reculant également de 2,35% à 85,01 dollars. Le Trésor américain, représenté par Scott Bessent, a déclaré vouloir « couper toutes les ressources économiques » de l’Iran et a lancé un avertissement aux pays qui continueraient de soutenir Téhéran.
Pour plusieurs analystes cités, le marché avait déjà intégré l’annonce. Andy Lipow (Lipow Oil Associates) souligne l’absence de surprise lors de la conférence de presse, tandis que David Oxley (Capital Economics) estime que l’impact sur les flux énergétiques iraniens restera limité. Oxley rappelle que l’Iran poursuit des exportations vers la Chine via une flotte « fantôme », et que Pékin n’a pas reconnu par le passé les sanctions américaines.
La crainte principale reste toutefois une éventuelle riposte iranienne capable de frapper des infrastructures énergétiques au Moyen-Orient ou d’aggraver les perturbations de la navigation. Le ministère iranien des Affaires étrangères a promis des « conséquences » pour les pays participant à la campagne de pression américaine. Les analystes notent que la navigation régionale demeure entravée : selon Kpler, environ 6 à 8 millions de barils par jour transitent aujourd’hui par le détroit d’Ormuz, contre plus de 15 millions avant le début de la guerre, rappelle Eurasia Group.
En synthèse, la baisse des cours reflète un arbitrage entre une sanction attendue et le risque résiduel d’escalade ; la dynamique dépendra désormais de la réaction de la Chine aux sanctions, du comportement des exportations iraniennes et de la probabilité d’attaques contre les infrastructures ou de nouvelles perturbations du transit par Ormuz.


