L’action GMO Internet Group a perdu 13,6 % lundi à Tokyo, pour clôturer à 3 256 yens, après la révélation d’une cyberattaque touchant son service « Onamae.com Desktop Cloud ». La baisse a été bien plus forte que celle du TOPIX, en repli de 0,8 %, ce qui montre que le mouvement est principalement lié à un risque propre à l’entreprise.
Le service concerné héberge des environnements utilisés pour le trading sur marge de devises. Selon les éléments communiqués, des attaquants ont obtenu un accès non autorisé aux serveurs de certains clients et ont exécuté des transactions frauduleuses sur leurs comptes. Une demande de rançon a été rendue publique le 24 octobre. Le lendemain, le directeur général Masatoshi Kumagai a présenté des excuses publiques et reconnu que des ingénieurs internes avaient auparavant repéré des failles de sécurité qui n’avaient pas été correctement corrigées.
Cette admission est particulièrement sensible pour les investisseurs. L’incident ne relève plus seulement d’une attaque extérieure difficile à anticiper. Il pose aussi la question des procédures internes, de la remontée des alertes techniques et de la capacité du groupe à corriger rapidement les vulnérabilités identifiées. Le risque de réputation peut ainsi dépasser le seul service touché et affecter la confiance accordée aux autres activités numériques de GMO Internet.
Le coût financier demeure la principale inconnue. L’entreprise a annoncé un versement commercial de 5 000 yens à chaque client utilisant le service concerné. Elle s’est également engagée à rembourser l’intégralité des pertes de trading provoquées par des transactions non autorisées. Or, le nombre de comptes affectés et le montant total des opérations frauduleuses ne sont pas encore précisés. Cette responsabilité potentiellement ouverte explique la forte décote appliquée par le marché.
À ces remboursements peuvent s’ajouter les dépenses d’expertise, de sécurisation des systèmes, d’assistance aux clients et d’éventuelles procédures réglementaires. Rien ne permet encore d’évaluer ces postes avec précision. La société a par ailleurs demandé au gouvernement japonais de renforcer les capacités nationales de défense proactive contre les cyberattaques, signe que l’incident dépasse son seul périmètre opérationnel.
Pour l’investisseur, la chute de 13,6 % ne suffit pas à caractériser une opportunité de rebond. Avant d’évaluer si la réaction est excessive, il faudra connaître le nombre de victimes, l’ampleur des pertes remboursables, la durée de perturbation du service et les mesures prises pour éviter une récidive. La communication de la direction sur les failles déjà connues sera également déterminante. Tant que ces éléments restent inconnus, l’incertitude fondamentale demeure élevée et peut entretenir la volatilité du titre.
