Mercedes-Benz a chuté de 4,1 %, à 39,69 euros, après un nouvel avertissement sur ses résultats 2026. Le constructeur de Stuttgart a fortement réduit sa prévision de rentabilité pour les voitures particulières. Il vise désormais un retour sur ventes ajusté compris entre 2 % et 3 %, contre une fourchette précédente de 3 % à 5 %.
La révision porte aussi sur l’ensemble du groupe. Mercedes-Benz attend maintenant un EBIT annuel au niveau de celui de l’exercice précédent, alors qu’il prévoyait jusque-là une progression nette. La direction invoque un environnement toujours difficile en Chine ainsi que des coûts plus élevés au quatrième trimestre, notamment pour les matières premières.
Les chiffres préliminaires du troisième trimestre offrent pourtant un tableau contrasté. L’EBIT du groupe atteint environ 1,77 milliard d’euros, au-dessus du consensus d’environ 1,60 milliard. En revanche, le flux de trésorerie disponible industriel ressort à seulement 172 millions d’euros, très loin des 422 millions attendus. Le marché a donc davantage sanctionné la faiblesse de la conversion en trésorerie et la dégradation des perspectives que salué le dépassement ponctuel du résultat opérationnel.
La Chine constitue le principal point de tension. Les livraisons de voitures particulières y ont baissé d’environ 31 % sur un an au troisième trimestre. À l’échelle mondiale, les ventes ont reculé de 6 %, à 491 700 véhicules. Cette contraction est particulièrement sensible pour une marque positionnée sur le haut de gamme, car le marché chinois a longtemps contribué fortement aux volumes et à la rentabilité du secteur automobile allemand.
Pour l’investisseur, l’abaissement de la marge est plus préoccupant qu’un simple recul des livraisons. Une rentabilité comprise entre 2 % et 3 % laisse moins de marge de sécurité pour absorber les promotions commerciales, les coûts de lancement, les investissements technologiques et les fluctuations des matières premières. Elle peut également limiter la génération de trésorerie disponible pour financer les investissements et rémunérer les actionnaires.
Le repli du titre intervient alors qu’il évoluait déjà près de son plus bas sur 52 semaines, établi à 38,89 euros, et nettement sous son sommet annuel de 62,34 euros. Cette faiblesse peut attirer les investisseurs en quête de valorisations décotées, mais le niveau du cours ne suffit pas à créer une opportunité si les bénéfices continuent d’être révisés à la baisse.
La suite dépendra de trois confirmations. Mercedes-Benz devra stabiliser ses ventes en Chine, maîtriser les coûts du quatrième trimestre et restaurer une conversion en trésorerie plus proche des attentes. Le fait que l’EBIT trimestriel dépasse le consensus offre un point d’appui, mais il ne compense pas encore la réduction des objectifs annuels.
Le dossier reste donc exposé à une forte incertitude. Un redressement de la demande chinoise ou des coûts pourrait entraîner un rebond marqué. À l’inverse, une nouvelle baisse des prévisions confirmerait que la pression est structurelle et non simplement cyclique.

