Le 18 août, le taux d'intérêt de la dette française a atteint 4,10%, un niveau inédit depuis 2008. Cette hausse s'explique, selon la source, par une combinaison de facteurs externes : l'instabilité géopolitique liée à la guerre en Ukraine et aux conflits au Moyen-Orient, des prix du pétrole maintenus à des niveaux élevés et l'incertitude sur les approvisionnements. ING et d'autres intervenants pointent aussi la réduction des achats d'actifs par les banques centrales, laissant moins d'acheteurs pour absorber une dette croissante.

Le contexte de marché est globalement haussier sur les rendements : l'Allemagne voit son taux remonter à 3,20% (plus vu depuis 2011) et le rendement du Trésor américain à 10 ans atteint 4,70% (niveau inédit depuis 2007). Les taux à 30 ans, baromètre de confiance long terme, s'approchent pour la France de 5%, renforçant un sentiment de défiance envers les États très endettés, constate Benoît Vesco.

Sur le plan budgétaire, l'effet se matérialise déjà : la charge de la dette est passée de 29,2 Mds€ au premier semestre 2025 à 34,5 Mds€ au premier semestre 2026. Pour l'ensemble de l'année, cette charge pourrait atteindre 64 Mds€, et le ministre Roland Lescure a même évoqué, à terme, un chiffre de l'ordre de 100 Mds€. François Ecalle souligne qu'une augmentation des taux de 3% à 4% se traduirait, sur dix ans, par un surcoût de 30–35 Mds€, « la moitié du budget annuel de l'éducation ».

Ces surcoûts pèseront sur la préparation du budget 2027 : réduire le déficit devient plus ardu dans un contexte de dépenses accrues (défense, intelligence artificielle) et d'espace fiscal réduit. Les effets sont néanmoins qualifiés d'étalés dans le temps, avec des conséquences « très faibles en 2026 » selon les intervenants cités.