Le conflit et les perturbations logistiques (fermeture potentielle du détroit d’Ormuz) ont déclenché une remontée des cours des matières premières, avec un impact direct sur le plastique nécessaire aux bouteilles d’eau. Le naphta, matière pouvant servir à produire du plastique, a bondi de 500 à 800 $/tonne (+60%) entre janvier et le début de la guerre. L’Europe dépend fortement de ces importations : 43,3 millions de tonnes de plastique transitent chaque année pour approvisionner l’industrie.

Face à ces tensions, les fournisseurs demandent des revalorisations de prix de l’ordre de 20 à 40%. Dans le secteur des boissons, ces demandes commencent à se traduire en hausses à la vente : NielsenIQ relève une augmentation moyenne d’environ 4,3% entre début mai et début août pour le pack 6x1,5L de Cristaline — soit environ quatre centimes de plus. Le spécialiste Olivier Dauvers a évoqué une éventuelle hausse de 8% à la rentrée pour Cristaline, mais les observations terrain restent hétérogènes (ex. packs à 1,02 € relevés dans deux Leclerc le 8 août).

Les augmentations ne touchent pas toutes les marques de la même façon. Danone Waters affiche des hausses courantes : +1,5% pour Volvic, +1,9% pour Evian et +2,7% pour Badoit. Nestlé Waters montre des variations plus contrastées : +1,3% pour San Pellegrino, +0,3% pour Vittel et une baisse de 0,9% pour Contrex. Perrier reste, pour l’instant, stable.

Au-delà de l’eau, d’autres segments utilisant du plastique ou des dérivés du naphta sont exposés : produits d’hygiène, shampoings et gels douche pourraient voir leurs prix augmenter si la pression sur les matières premières persiste.