Les taux hypothécaires suisses restent relativement modérés dans un environnement soutenu par la force du franc et une inflation faible. Cette configuration réduit, à ce stade, la pression exercée sur la Banque nationale suisse pour relever son taux directeur. Elle distingue la Suisse d’autres grandes économies où le renchérissement du crédit immobilier a été nettement plus prononcé.

Selon une étude périodique de Moneypark fondée sur les données d’une centaine de banques, le taux moyen d’une hypothèque fixe à dix ans atteignait 2,06 % à la mi-septembre 2026. Il s’établissait à 1,98 % à la mi-juin. La progression observée sur trois mois reste donc limitée, même si elle signale que les conditions de financement ne sont pas totalement immobiles.

Le contraste international est plus net sur une période longue. Entre la fin de 2021 et septembre 2026, le taux hypothécaire suisse à dix ans n’a augmenté que d’environ 70 points de base, malgré le mouvement de 2022 lié à l’abandon des taux négatifs par la BNS. Sur la même période de comparaison, les taux allemands à cinq ou dix ans ont progressé de 269 points de base, tandis que le taux américain à quinze ans a gagné 364 points de base. Ces écarts illustrent la résistance relative du marché suisse face au choc de taux mondial.

Les créanciers interrogés par Moneypark anticipent une stabilité persistante à court terme, particulièrement sur les durées les plus courtes. Leur visibilité devient cependant plus prudente à horizon éloigné. Une hausse de la dette publique ou la transmission de pressions inflationnistes venues de l’étranger pourrait finir par affecter la Suisse. Pour les emprunteurs, l’enjeu consiste donc à comparer le niveau actuellement contenu des taux avec la durée d’engagement recherchée, plutôt que de considérer cette stabilité comme définitivement acquise.