AB InBev a reculé de 1,5 % à Bruxelles après une publication trimestrielle sans surprise majeure. La réaction ressemble surtout à une prise de bénéfices: avant cette séance, le titre avait gagné 31 % depuis le début de l'année, contre 6,6 % pour l'indice Europe STOXX 600, et près de 36 % sur douze mois.
Au troisième trimestre, l'EBITDA normalisé a progressé de 3,9 % pour atteindre 5,957 milliards de dollars. Les volumes totaux ont augmenté de 0,4 %. Cette hausse masque toutefois deux tendances opposées: les volumes de bière ont diminué de 0,1 %, alors que les boissons sans bière ont progressé de 4 %. Le groupe continue donc de croître, mais la composition de cette croissance montre que son coeur historique reste peu dynamique.
Le principal point faible concerne la rentabilité. La marge d'EBITDA s'est contractée de 34 points de base à 36,1 %, davantage que prévu. La hausse du coût des matières premières et un environnement difficile en Chine ont pesé sur la performance. Pour l'investisseur, cette évolution compte davantage qu'un léger écart de volumes, car la capacité à protéger les prix et les marges détermine directement la conversion des ventes en bénéfices.
AB InBev maintient néanmoins son objectif 2026, avec une croissance attendue de l'EBITDA comprise entre 4 % et 8 %. Cette fourchette suppose que le groupe compense progressivement les pressions actuelles, soit par les prix, soit par le mix de produits, soit par des gains de productivité. Une reprise en Chine améliorerait le scénario, mais elle reste incertaine.
Le conseil d'administration a parallèlement approuvé un acompte sur dividende de 0,40 euro par action pour l'exercice 2026. Ce montant est nettement supérieur aux 0,15 euro versés au titre de 2025 et dépasse le consensus de 0,30 euro. Le signal envoyé aux actionnaires est favorable: la direction affiche sa confiance dans la capacité de génération de trésorerie.
Il ne faut toutefois pas confondre hausse du dividende et accélération opérationnelle. Après la forte progression du cours, les attentes sont plus exigeantes. Les prochains résultats devront montrer une stabilisation de la marge, une meilleure tenue des volumes de bière et une amélioration en Chine. Le titre conserve des atouts défensifs grâce à la puissance de ses marques et à sa diversification géographique, mais une nouvelle revalorisation dépendra davantage de la qualité des bénéfices que du seul rendement distribué.


