Le 6 août, au lendemain d’une permission dans son département natal, José Olger Melo Charry a été intercepté par un barrage clandestin sur une route rurale près de Cumbitara, dans le secteur de Puerto Remolino et du fleuve Patía. Une voyageuse qui l’accompagnait a été relâchée quelques heures après. Les ravisseurs auraient identifié son appartenance à la Légion étrangère à partir de ses papiers ou de ses effets, ce qui a transformé le voyageur colombien en cible susceptible d’être valorisée comme prisonnier.

Pendant plus de trois semaines, les conditions de détention sont restées obscures. Le 30 août, l’État-major central, dissidence issue des anciennes Farc, a revendiqué la capture via le front Franco Benavides, rattaché aux forces d’« Iván Mordisco ». Dans un communiqué en français, la guérilla a refusé le terme d’otage et présenté le légionnaire comme « prisonnier de guerre », assurant qu’il était soigné et correctement nourri — tout en conditionnant sa sécurité à l’absence d’intervention militaire.

Dans la nuit du 5 septembre, après avoir faussé compagnie à ses geôliers dans des circonstances encore inconnues, José Olger Melo Charry a traversé durant quatre jours un relief escarpé et une végétation dense de la cordillère occidentale pour atteindre la sous-station de police d’El Ejido, commune de Policarpa. Le Gaula et le corps technique de la Fiscalía ont été alertés ; un hélicoptère militaire l’a ensuite transféré à Pasto où il a été hospitalisé et placé sous observation. Les enquêteurs attendent désormais l’accord des médecins pour recueillir son récit complet.

Au-delà du cas individuel, l'affaire souligne la persistance des dissidences des Farc dans le sud‑ouest colombien, qui tirent profit du narcotrafic, de l’exploitation minière illégale, des enlèvements et du contrôle des axes routiers. Les autorités cherchent à identifier le lieu de détention, les gardiens et les réseaux logistiques du front Franco Benavides, alors que la proximité de la frontière équatorienne et le relief favorisent leur implantation.