Revolut met en vitrine des fonds non cotés accessibles « dès 1 euro », grâce aux assouplissements introduits par le cadre ELTIF 2.0. La fintech s'est appuyée sur quatre gestionnaires mondiaux—Apollo, Ares, Hamilton Lane et Partners Group—pour structurer son offre, qui couvre private equity, dette privée et infrastructures. L'intention affichée est de permettre aux particuliers de diversifier leurs portefeuilles avec des actifs jusque-là réservés aux investisseurs institutionnels.

L'abaissement du seuil d'entrée ne change toutefois pas la nature du risque : ces fonds peuvent comporter une illiquidité importante, un risque de perte en capital et une forte complexité. Revolut souligne que ces produits « ne conviennent pas à tous les investisseurs particuliers ». Même les fonds dits « evergreen », privilégiés par la plateforme pour réduire le blocage des capitaux, n'offrent aucune garantie de sortie rapide : les fenêtres de rachat peuvent être plafonnées, reportées ou suspendues.

La pratique l'a déjà montré : Apollo et Ares ont restreint les retraits sur certains véhicules semi-liquides, rappelant que l'argent investi peut devenir indisponible au moment où l'épargnant souhaite le récupérer. Autre point clé, la question des coûts : la communication commerciale n'affiche pas de manière simple l'impact des frais. Il faut consulter le DIC et la documentation réglementaire pour connaître frais de gestion et éventuelles commissions de performance.

Enfin, la fiscalité applicable est celle du compte-titres, donc hors enveloppes fiscales avantageuses comme le PEA ou l'assurance-vie. Conjugués, illiquidité, coûts et fiscalité placent ces offres dans la catégorie des solutions adaptées aux investisseurs avertis, disposant d'une épargne de précaution et prêts à n'allouer qu'une part limitée de leur patrimoine à ces actifs.