Six mois après les premiers bombardements, Washington passe à une nouvelle escalade économique : Donald Trump a promis des sanctions sévères contre tout pays traitant avec l'Iran, affirmation appuyée par Scott Bessent qui annonce «le plus fort effort d'isolation économique de l'Histoire». Aucune mesure concrète n'a encore été publiée ; Bessent a annoncé une conférence de presse le 24 août pour en exposer les contours.

Les États-Unis reposent sur une logique de «pression économique maximale» qui, selon eux, limiterait la capacité de l'Iran à financer ses alliés et entraînerait une forte inflation. Des responsables et élus, comme J.D. Vance, qualifient ces sanctions de nouvelle phase du conflit et estiment qu'elles constituent l'outil le plus efficace disponible. Cette stratégie s'appuie sur des précédents : l'Iran est sous sanctions américaines quasi continuellement depuis 1979, avec un durcissement déjà opéré lors du premier mandat de Trump et via l'opération «Economic Fury» lancée pendant le conflit actuel.

Plusieurs experts interrogés soulignent cependant les limites pratiques de cette politique. Michael Parker indique que l'objectif américain est d'étendre le rayon des sanctions en visant des pays tiers qui commercent avec Téhéran, en posant un choix binaire «soit avec nous, soit contre nous». Mais l'Iran a montré une forte capacité d'adaptation : utilisation de «navires fantômes» et autres montages pour contourner les interdictions. Un responsable du contrôle des exportations et des sanctions à la Bourse de Londres note que «quelles que soient les sanctions imposées, ils trouvent toujours un nouveau moyen de les contourner».

L'impact réel dépendra donc moins des annonces américaines que de la coopération d'États tiers et d'institutions financières. Certains analystes estiment que la volonté internationale de suivre pleinement les États-Unis, notamment de la part de la Chine, n'est pas acquise. Les autorités américaines soulignent la dépendance de nombreux pays au dollar, mais admettent implicitement que l'efficacité ultime des mesures reste incertaine.