Le prix du Brent a franchi la barre des 100 dollars après de nouvelles attaques contre le trafic maritime autour du détroit d'Ormuz. Depuis la mi‑février, le cours reste au‑dessus de 70 dollars et a progressé de 65,7 % depuis la fin 2025, entraînant un alourdissement des coûts du diesel, de l'essence et du kérosène. Ces hausses se répercutent ensuite sur le transport, les chaînes d'approvisionnement et, in fine, sur les prix à la consommation.

L'Union européenne a importé 471,3 millions de tonnes de pétrole brut en 2024 tout en produisant seulement 15,5 millions de tonnes, soit une dépendance aux importations de 96,6 %. Les principaux fournisseurs étaient les États‑Unis, le Kazakhstan et la Norvège (12–15 % chacun), suivis de la Libye, de l'Arabie saoudite, du Nigeria et de l'Irak. Seuls 7 % des importations provenaient des pays du Golfe selon le Conseil de l'UE.

En termes de volumes, les Pays‑Bas ont importé 138,3 Mt en 2024, suivis de l'Allemagne (117,8 Mt), de l'Espagne (85,8 Mt), de la France (82,4 Mt), de l'Italie (73,3 Mt) et de la Belgique (56,7 Mt). Le rôle de Rotterdam comme hub signifie que beaucoup de brut importé aux Pays‑Bas est ensuite raffiné ou réexporté ; les Pays‑Bas ont ainsi réexporté 101,1 Mt de leurs 138,3 Mt importées.

La vulnérabilité économique diffère toutefois : rapportés au PIB, les plus forts déficits énergétiques en 2025 étaient à Malte (5,4 %), Bulgarie (3,5 %) et Croatie (3,4 %). Les grandes économies comme l'Allemagne et la France affichaient des déficits proches de 1,5 % du PIB. Par ailleurs, plusieurs économies très dépendantes du tourisme et du transport (Espagne, Portugal, Irlande, Malte, Chypre) couvrent quasiment l'intégralité de leur consommation par des importations nettes.

La répartition de la demande pèse aussi sur l'impact : près des deux tiers du pétrole consommé dans l'UE servent au transport, dont 47,7 % pour le transport routier et 9,2 % pour l'aviation. La hausse du kérosène pèse donc particulièrement sur les compagnies aériennes desservant l'Europe du Sud, tandis que le diesel touche chaînes logistiques et commerce local.