Mislav Matejka, stratégiste actions chez JPMorgan, maintient une position favorable sur les marchés actions en s'appuyant sur un contexte macro où croissance et inflation trouvent un équilibre et où les bénéfices d'entreprises restent un soutien durable. Il souligne un élargissement de la participation interne au marché et anticipe de nouveaux sommets d'indices d'ici la fin de l'année, citant explicitement le STOXX 600.

Matejka décline cinq thèmes majeurs, avec un fort focus européen. Le premier porte sur la sécurité énergétique : modernisation des réseaux, énergies renouvelables et nucléaire soutenus par l'élan post‑REPower EU visant à réduire la dépendance stratégique. Ce mouvement s'accompagne d'une montée des capacités domestiques pour les matières premières critiques et d'initiatives industrielles en faveur de la neutralité carbone.

Le deuxième thème est l'expansion budgétaire allemande et la modernisation des infrastructures, rendues possibles par la levée du frein constitutionnel à l'endettement et par un fonds spécial pour les infrastructures et le climat de 500 milliards d'euros. Troisième axe : les technologies stratégiques, où Matejka met l'accent sur le déploiement de l'intelligence artificielle et l'automatisation industrielle comme moteurs de croissance sectorielle.

Le quatrième thème concerne la modernisation de la défense, stimulée par la hausse des engagements au sein de l'OTAN et des initiatives européennes d'achats groupés (ReArm Europe, programmes type EDIP) et par des contrats communs de réapprovisionnement en munitions. Matejka note que les valeurs de défense, après une longue période de sous‑performance, voient leur profil risque/rendement s'améliorer, avec une préférence pour les nouvelles capacités plutôt que pour les activités historiques.

Enfin, le cinquième thème est un protectionnisme européen axé sur normes et réglementation (Mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, exigences de contenu local, contrôle des subventions étrangères, mesures antisubventions sur véhicules électriques, solaire et éolien) plutôt que sur des droits de douane généralisés. En complément, Matejka mentionne en second plan le vieillissement démographique et la reconstruction de l'Ukraine ainsi que le développement de l'Europe de l'Est.

En bout de ligne, JPMorgan voit des opportunités sectorielles ciblées en Europe, portées par des dispositifs publics massifs et des priorités stratégiques nationales et supranationales. L'article note par ailleurs que les actions asiatiques, soutenues par la Chine et Hong‑Kong dans la technologie, progressent, et que les futures de Wall Street avancent avec l'apaisement des craintes de hausse des taux.