Snapchat doit pour la première fois défendre devant un jury la conception de sa plateforme face à des accusations d’addiction chez les jeunes. La sélection des jurés débute à Los Angeles, avant l’ouverture des débats prévue le 4 novembre et une procédure qui pourrait durer jusqu’à la mi-décembre. Meta est également visé à travers Instagram. Les deux groupes peuvent encore conclure un accord amiable avant le verdict.\n\nLes plaignantes soutiennent que certaines fonctions ont été conçues pour encourager un usage compulsif, avec des conséquences sur la dépression, l’anxiété, les troubles alimentaires et l’automutilation. L’une poursuit uniquement Snap après avoir transigé avec Meta, tandis que l’autre vise les deux entreprises. Leurs dossiers servent de cas de référence pour des milliers de plaintes regroupées devant la justice californienne.\n\nLe précédent de mars donne à ce procès une portée particulière. Un premier jury de Los Angeles avait accordé 6 millions de dollars à une jeune femme et estimé que la négligence de Meta et de YouTube avait contribué à ses troubles. La décision, confirmée en juin, fait l’objet d’un appel. Depuis, YouTube, TikTok et Meta ont réglé plusieurs affaires à l’amiable, tandis que Snap avait jusqu’ici évité un procès test de ce type.\n\nLa pression ne vient pas seulement des particuliers. Meta a conclu fin août un accord avec la quasi-totalité des procureurs généraux américains, prévoyant plus de 18 milliards de dollars et de nouvelles limites pour les adolescents sur Instagram et Facebook. Une partie du paiement dépend de l’adoption de restrictions comparables par TikTok, YouTube et Snap. TikTok a notamment accepté en Alabama une limite quotidienne de deux heures et un blocage nocturne pour les mineurs.\n\nPour l’investisseur, le risque dépasse le montant d’un éventuel verdict. Des règles plus strictes peuvent modifier l’engagement des jeunes utilisateurs, les outils de recommandation et, à terme, la capacité publicitaire des plateformes. Snap paraît particulièrement exposé à un changement de perception, car ce premier passage devant un jury peut fournir un repère aux autres dossiers. Meta dispose d’une activité plus diversifiée, mais son historique contentieux et les accords déjà conclus montrent que le coût juridique peut devenir matériel.\n\nL’issue reste incertaine. Un accord limiterait la visibilité publique du dossier sans supprimer les pressions réglementaires, tandis qu’un verdict défavorable pourrait encourager d’autres plaignants. Les témoignages attendus de Mark Zuckerberg, Evan Spiegel et Adam Mosseri seront suivis, mais les investisseurs devront surtout observer les engagements opérationnels imposés et leur effet potentiel sur l’usage et la monétisation.